Jean-François Rotardier est le Président de l’association Antilles-Foot. Sa vocation est de servir de trait d’union entre les clubs et les footballeurs antillais insuliens et métropolitains. Les Gwada Boys symbolisent cette diversité, cette richesse et matérialisent la nécessité de faire ce lien.
Quelle est votre analyse au sujet du parcours des Gwada Boys à ce stade de la compétition ?
Les Gwada Boys confirment les espoirs placés en eux par leur performance et leur détermination. Réussir un parcours exceptionnel comme en 2007 est une chose, le confirmer comme ils le font, prouve la compétitivité de la sélection de Guadeloupe sur la durée.
Quels en sont les bénéfices pour le football antillais ?
A titre individuel, les joueurs se font remarquer positivement, ce qui ne peut leur être que favorable en cette période de transferts. De plus, ils acquièrent une expérience qu’ils mettront, sans aucun doute, au service de leur club.
En termes d’image, pour l’île et pour la Caraïbe en général : c’est une image des Antilles qui « gagnent » face à des pays dont la population est largement plus importante. La Gold Cup est une aubaine pour le football antillais car au-delà de la virtuosité des Gwada Boys, elle est sans conteste une vitrine pour les clubs du continent américain à la recherche d’éventuels nouveaux talents.
En termes de positionnement, avec un tel résultat, les Gwada Boys montrent qu’une sélection de Guadeloupe « autonome », par rapport à l’équipe de France, est loin d’être ridicule sur le terrain. A terme, pourquoi ne pas imaginer la création d’une sélection « de plein exercice » comme cela existe déjà en Polynésie ? Sportivement parlant, ce ne serait pas une ineptie.
Comment expliquez-vous le manque d'intérêt pour la performance des Gwada Boys par la presse sportive hexagonale ?
Je serai tenté de dire « loin des yeux, loin du cœur ». La Gold Cup n’est pas une compétition qui passionne les médias métropolitains. Quel dommage ! Car le niveau est plus qu’intéressant. A titre de comparaison, la Copa América est beaucoup plus suivie alors que sans le Brésil et l’Argentine, le niveau est globalement équivalent. Pourtant, juin période creuse au niveau football, serait l’idéal pour promouvoir tous ces évènements un peu spécifiques.
Qu'est-ce qui explique selon vous qu'aucune chaîne de télévision ne ce soit portée candidate pour diffuser les matchs de la Guadeloupe, voire pour diffuser des résumés des rencontres ?
Les grandes chaînes ont des impératifs d’audimat et préfèrent cibler un public plus large avec des émissions d’envergure que la Gold Cup s’adressant à un public particulier : les Antillais. Donc, qu’une chaîne hertzienne nationale ne se soit pas portée candidate, je le conçois. Par contre, que les matchs ne soient pas retransmis depuis une chaîne thématique sportive ou une chaîne de la TNT, c’est regrettable. Je pense notamment à la chaîne France Ô, groupe de France Télévision, qui aurait pu se positionner sur la Gold Cup, un moyen pour elle de fédérer un public antillais masculin, jeune, passionné par ce genre de tournois.
Propos recueillis par téléphone le 16/07/09.
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